Ma photo
préférée Pauline et moi au soir de la seconde étape à Yvoire
Je vais essayer de relater la formidable aventure que j’ai vécue durant ces trois jours du Léman Défi Nage.
En préambule je tiens à remercier Trincat Laurent entraîneur du club des nageurs de Thonon qui a élaboré mon entraînement et Mougenel Anne ma kinésithérapeute pour le travail formidable qu’elle a effectué ces deux dernières années ainsi que Eric professeur de méditation au Buddha Spa d’Evian qui m’a préparé mentalement à cette épreuve.
Jeudi 19/06
Météo Suisse nous assure de bonnes conditions climatiques sur les 72 heures à venir. Par bonnes conditions j’entends pas de vent mais ils annoncent aussi des températures en forte hausse. Le départ a été repoussé en début de semaine à cause du vent d’Ouest annoncé le Jeudi cette fois c’est bon je pars. L’équipe est avertie Dany, maître logistique, s’occupe de tout.
Moi je suis déjà dans mon aventure depuis bien longtemps et là je sens la délivrance approchée
France 3 me contacte ils seront au départ de Villeneuve c’est une bonne nouvelle pour tout le monde mais je prends conscience de l’intérêt que ce projet original suscite et la pression monte d’un cran.
Le soir je prépare les derniers détails et je ne me couche pas trop tard car il y aura la route à faire demain pour aller à Villeneuve et je veux arriver une heure avant pour avoir le temps de me préparer.
Vendredi 20/06
Première étape ou la plus grande galère sportive de ma vie
.
Réveil 6h je suis déjà réveillé depuis un petit moment. Ce matin je ne vais pas voir tous les sites météo dédiés au lac comme je le fais depuis des semaines, je crois en météo suisse et ses prévisionnistes de toute façon maintenant le coup d’envoi est donné j’attends cela depuis des mois ce n’est pas là qu’il faut se poser des questions.
Je réveille Yannick mon fils qui va m’accompagner au sein de l’équipe sur cette première étape un petit dej. ,puis je vais chercher Chloé la fille de Anne ma kiné, et Phillip représentant de l’AFG venu de Grenoble pour participer à la caravane terrestre qui ,elle suivra le défi afin de récolter des fonds avec comme chef d’orchestre Dany.
Direction Villeneuve le temps est magnifique et le lac que nous longeons est plat comme rarement nous le voyons à cette saison. Nous arrivons à Villeneuve à 8h15 je suis dans le timing que je me suis fixé je vais avoir le temps de me préparer.
Une petite discussion avec l’équipe qui est présente depuis la veille Capt’ain Jean, Eric mon Saint Bernard des Eaux Dany et Christiane Boujon, Nono puis je m’isole pour me préparer mentalement.
Quelques bonnes musiques choisies devant un paysage de rêve et là je me dis que j’ai de la chance de vivre cela. Les deux journalistes de France 3 arrivent pour l’interview nous effectuons quelques plans cela prend vite du temps mais je n’y fait pas attention et lorsque ces derniers finissent je regarde ma montre 9h14 ; je me dis qu’il faut se presser pour pouvoir partir comme prévu à 9h30 GROSSE ERREUR et je vais savoir ce que c’est que subir un départ dans le stress nous verrons cela plus loin.
Je m’enduis d’une crème pour la peau des fesses de bébé et oui je retourne en enfance mais en plus de cette qualité elle a un fort pouvoir isolant par-dessus je mets de la graisse à traire un isolant de plus et j’enfile ma combinaison de triathlon car à cette date le lac est à 16 18 ° et je crains d’avoir froid c’est le seul point noir, la seule incertitude.
Une fois prêt je salue l’équipe terrestre les élus de Villeneuve et c’est parti pour 72 kms.
Eric (MSBE=Mon Saint Bernard Des Eaux) a le trajet sur GPS marin avec des points tous les 10 kms de cette façon nous sommes sûr que la route prise est la bonne sachant que nous nagerons à 4 kms des côtes afin d’éviter les courants côtiers.
Pour l’instant direction " L’île de Peilz " et son arbre qui donne à ce paysage quelque chose d’extraordinaire au bout de un relais c'est-à-dire 15 min de nage je suis devant, premier ravitaillement ce sera ainsi toute la traversée je dois manger et boire à chaque fois pour éviter " le coup de barre ".Au menu pâtes cuites froide, pâtes d’amande, pommes, gel énergétiques, coca, eau plate,isostar.Tous ces produits je les ai testés sur l’année passée et ceux qui restent sont ceux qui ont donnés satisfaction en terme de transit intestinal et d’apport énergétique.
Sur ce sujet de l’alimentation mais aussi sur l’approche ce ces épreuves de longues durées Stéphane Lecat 3 fois champion du monde des traversées et Champion d’Europe du 25 kms. en 2000 fut d’une grande aide merci à lui.
Fin de la pause qui dure 1 à 2 minutes je repars les relais s’enchaînent et je commence à avoir comme une mauvaise impression, je ne suis pas si bien que cela je trouve l’eau froide quoique cela soit normal puisque ma trajectoire est parallèle à l’entrée du Rhône dans le lac, et mes mollets commencent à se faire sentir en même temps lors des pauses MSBDE me dit que je nage à 3km/h alors que d’habitude je suis entre 3.5 et 4 km/h.
De plus j’ai mal au ventre je ne digère pas ce que je mange tout cela fait beaucoup mais je me dis que ça ira mieux dans un moment. Dans ma tête je ne suis pas dans le défi mon esprit vagabonde il est perdu j’essaye de me recentrer rien n’y fait et voilà que les crampes commencent au mollet droit puis gauche moi qui ait rarement des crampes c’est aujourd’hui qu’elles font exception. Je n’ai fait que 7 kms il en reste 23 à effectuer pour finir l’étape et 65 jusqu’à Genève !!!!!!!!!!!!!
Que dire que faire ?
Dire : Rien de toute façon cela je dois le gérer et ne pas affoler l’équipe
Faire : A ce moment là j’ai eu un grand doute qui s’est installé mais je me suis préparé pour depuis 2 ans avec les 4 lacs l’an passé et puis je le fais pour une bonne cause et je n’ai pas le droit de douter je dois reprendre le dessus.
Nous avons montés le projet à deux avec MSBDE des centaines d’heures plus l’entraînement 420 kms nagés depuis le 15/01 tout ce temps donné je dois le concrétiser et j’y pense en nageant mes crampes aux mollets se sont faits oubliées je n’ai toujours pas de bonnes sensations mais j’avance.
Au loin la pointe de Meillerie ce sera lorsque nous la passerons le passage dans la partie large du lac ce dernier est toujours aussi calme à part le bateau de Nono, Monsieur blague mais tellement attachant ,et celui de Capt’ain Jean, un breton adorable débarqué sur le Léman, il n’y a personne.
Les conditions sont optimum et ça c’est bon pour le moral mais le mien a toujours du mal comme mon corps d’ailleurs.
10e kms les bras ne passent pas comme d’habitude j’ai beau changer le style de nage pour me relâcher rien y fait les lombaires sont douloureux aussi et MSBDE commence aussi à avoir besoin de se décontracter les épaules du coup je me dis ‘Si il n’est pas bien j’ai le droit d’être mal’ c’est une façon de positiver. Je respire le plus à fond possible pour me relacher.La pointe de Meillerie se précise.
15e kms enfin je passe cette pointe depuis le temps que je la vois j’avais l’impression qu’elle se refusait à moi je la franchis mais même cela ne me donne pas ce petit coup de pouce sur le moral.
Je continue à galérer les bras sont lourds les jambes raides et la digestion ce n’est pas top mais pas pire alors je modifie quelque peu les aliments et je privilégie l’eau.
J’ai fais la moitié de l’étape il reste encore 15 kms je me demande comment je vais finir et surtout à quelle heure car je me projette déjà au lendemain et ses 25 kms. A ce moment là je repense à tous ceux qui m’ont dit ‘C’est un truc de fou’ et je me dis effectivement c’est hors normes mais je n’ai pas le droit de faiblir ,de renoncer, encore moins, je savais que ce serait dur mais à ca point et à ce moment là jamais je ne l’imaginais.
20e kms plus que 10 kms et c’est fini voilà ce que je me dis. J’ai mal à l’épaule gauche la droite ça va, nous sommes très loin de la côte et ayant la tête au ras de l’eau lors des arrêts je suis bien en difficulté pour me situer par rapport à la côte.
Toute l’équipe qui accompagne profite de cette magnifique première journée en se baignant moi j’aimerai déjà être hors de l’eau. Yannick s’inquiète de son vieux père je lui dit que tout va bien en fait c’est de plus en plus la galère.
25e kms ma femme m’a rejoint et c’est pour elle que je vais finir cette étape elle s’est tellement investie dans le projet à ma chouchouter durant des mois et à accepter mes heures d’absence que je ne peux pas la décevoir. Je nage de plus en plus mal aucun style j’ai mal partout je suis totalement vidé je n’avais jamais connu telle situation et pourtant je pratique le sport depuis tout le temps mais jamais je suis allé si loin dans mes limites.
Je suis dans un état second ce n’est plus mon esprit qui gouverne je suis une machine.15 min de nages 2 min d’arrêt ainsi de suite. Je dépasse Evian le soleil est bas très bas je suis dans l’eau depuis 9h30 ce matin il me tarde de finir cette p…. d’étape qui n’aura été que doute et douleur.
Le stress du départ la préparation rapide tout cela se paye sur cette durée il va falloir retenir la leçon mais à ce moment là je me demande comment je vais pouvoir me lever demain.
MSBDE lève les bras STOP je suis heureux car j’ai atteint l’objectif mais angoissé par rapport à demain.
Regard ironique de
mon fils Yannick devant ma souplesse de fer
J’ai les plus grandes difficultés à remonter sur le bateau du Capt’ain Jean mes crampes aux mollets reviennent je suis tellement raide que j’ai l’impression de ne plus avoir d’articulations et de
ressembler à un monobloc.
Ma femme me félicite mais elle me dira le lendemain qu’elle a eu peur en voyant mon état et ce n’est pas la seule. Je descends dans la cabine Anne va me masser 30 min ce ne sera pas de trop elle appuie sur les mollets c’est douloureux mais malgré cela je manque de m’endormir je suis lessivé. Nous arrivons sur les Quais d’Evian des amis de la famille sont là c’est sympa il fait presque nuit les couleurs du lac sont sublimes mais mon esprit est ailleurs.
Direction le Hilton où nous sommes invités pour manger ce soir.
Nous allons nous retrouver toute l’équipe et Eric mon prof de méditation . Je lui fais part de ma mauvaise journée de mes mauvaises sensations. Durant une heure il va me remettre petit à petit en phase avec moi-même il va me recentrer sur le défi et il me conseillera de commencer par une séance de méditation avant de nager. Son discours est claire et je le pratique depuis suffisamment de temps pour comprendre son message ‘Repose toi sur ta respiration’.
mon dieu quel état Eric mon prof de méditation à ma
gauche ma femme à droite
Je suis impatient d’aller à la rencontre de Morphée je vais aller dormir dans le local prêté par l’amicale des plaisanciers d’Evian, un matelas au sol et je m’allonge mon corps n’est que douleur
j’ai peur pour demain.
Samedi 21/06
Seconde étape ou l’été est là après l’hiver (moral)
Le réveil sonne mais je suis déjà réveillé depuis quelques minutes. Je n’ose pas bouger car j’ai peur que mon corps n’ait pas récupéré d’hier. Je me lève pour l’instant tout va bien deux trois petits mouvements d’épaule ce n’est pas le top mais je n’ai plus l’impression du couché il semble que la nuit m’ait permis de récupérer.
Je descends regarder le lac il ne se trouve qu’à 15 m du local je suis vraiment au plus près.
Je retrouve mon SBDE qui est venu faire la même chose que moi. Nous avons la même vision que la veille pas de vent un lac tout plat et un ciel azur soit des conditions idylliques pour nager.
Olivier un collègue de travail arrive pour effectuer la seconde étape et effectuer des photos avec le Capt’ain Jean et Bernard le mousse du jour de ce dernier, nous verrons plus loin que Olivier tiendra un rôle capital sur cette étape.
Petit à petit l’équipe se réunit ‘dans ma chambre d’un soir’ pour prendre le petit déjeuner.
Ma petite femme arrive avec le journal du matin où deux articles nous sont consacrés.
Nous avons du plaisir à constater l’engouement pour ce projet un peu fou monté à deux qui a créé un effet boule de neige.
Anne va travailler sur mes cervicales pour remettre tout cela en place car le fait de respirer en deux temps génère des tensions au niveau de la nuque.
Ma kiné et mes cervicales
Il reste toutefois 42 kms à nager d’ici Genève et je suis soucieux. Je ne mange rien je prends juste un café j’ai envie de me retrouver dans l’eau pour voir ce qu’il en est de ma forme.
Fin du petit dej chacun connaît sa mission les choses se font comme si tout était huilé.
Moi je me dirige vers le bateau du Capt’ain Jean c’est lui qui nous emmènera sur le point GPS fin de la 1ère et début de la seconde étape.
Avant le départ une séance de méditation quelques minutes mais je tiens absolument à la faire pour éviter les désagréments d’hier.
Méditation
Départ au large pendant ce temps je me pommade pour me protéger du froid le lac ce matin est à 19° ce sont des conditions optimum pour nager. Au loin nous voyons la pointe d’Yvoire à 20 kms sur
cette étape j’aurai un point visuel pour me motiver
Arrivée sur le point GPS je me mets à l’eau après un petit bisou de ma belle. Je fais deux trois mouvements dans l’eau je veux savoir si la " mécanique " répond et tout à l’air correct mais je veux rester dans l’attente avant de me prononcer. MSBDE cale son GPS marin sur le Nord cela prend deux trois minutes j’ai le temps d’écouter les petites blagues de l’ami Nono notre capitaine de l’abeille du Léman (à voir plus loin) et TOP feu c’est parti il est 10 h pour cette seconde étape qui sera de 25 kms si tout va bien. Je pars sur un rythme que je trouve tranquille en déliant bien mon mouvement et en prenant pas trop d’eau pour éviter les gros appuis tout de suite, je nage depuis quelques minutes et je me sens bien mais encore une fois je veux attendre pour valider cette forme semble t’il retrouvée.
Premier relais MSBDE me dit que je nage à 3.5 km/h donc un bon rythme et je me sens facile c’est de bonne augure. Pendant la pause je ne prends que de l’eau rien à manger aujourd’hui je remets en cause toute mon alimentation je vais privilégier les aliments qui sont bien passés hier, pomme, banane et pâtes et le stock de gâteau de riz à Nono pas très pratique à manger dans l’eau mais tellement bon. Mes bras passent très bien je n’ai aucune gêne mes mollets se sont remis de la séance d’hier et du massage en fait se serait plutôt le massage qui les a remis dans le bon sens (merci Anne). Second arrêt tout va bien j’ai le sourire et toute l’équipe sait à ce moment là que nous sommes sur la bonne voie Nono se déchaîne en promenant ma petite femme sur son hors-bord, je t’ai à l’œil Nono, moi je sais à ce moment là que la pari est gagné j’ai récupéré et la veille est un mauvais souvenir mais c’est aussi une journée que je veux garder en mémoire se sera mon mauvais jour car il ne peut y en avoir qu’un.
MSBDE c'est pas beau ça ?
C’est reparti pour un relais et ainsi de suite je vois que nous longeons la pinède la piscine est en vue moi au cours des pauses je questionne au sujet de ma vitesse ; elle fluctue entre 3
et 3.5 km/h c’est tout à fait dans les clous de mon programme. Les personnes qui accompagnent commencent à se baigner tour à tour de temps en temps j’ai ma femme qui vient m’encourager dans l’eau
et je suis heureux de voir les gens heureux. Au large de la piscine je remarque que le Capt’ain Jean est bien loin plusieurs centaines de mètres je m’en inquiète auprès de notre humoriste Nono il
me répond ‘Ils prennent le digestif’ je trouve qu’en terme de sécurité c’est un peu Olé Olé mais bon pour l’instant le lac est désert.
J’apprendrai le soir que le Hors-bord de Nono fut rebaptisé l’abeille du Léman, la raison ? Le bateau du Capt’ain Jean est tombé en carafe du coup Nono le tractait pendant mes relais et revenait vite vers moi lors des ravitaillements pour que je ne me rende compte de rien, quand je vous dis que j’avais une équipe en Or. Mais ces aller retour consomment rapidement nos réserves en carburant Dany sue terre trouve un voilier des jerricanes fait le plein et les amènent merci encore Dany. Olivier collègue et photographe attitré s’est retrouvé à fond de cale pour réparer et le génie de ce bricoleur du samedi a trouvé récompense le bateau repart. Depuis le Capt’ain Jean a décerné les palmes de la mécanique marine à notre ami et l’a placé sur un piédestal pas vrai Jean ?
Le capt'ain Jean (C'est écrit dessus)
Son bateau
Moi pendant ce temps je ne remarque
rien je nage nous sommes au large de Thonon je me sens super bien j’ai comme on dit la banane à chaque arrêt je plaisante je suis dans un grand jour et je sais que je vis quelque chose que seul
le sport puisse vous apporter Le PLAISIR avec un grand P.Lorsque vous vous sentez fluide dans l’eau c’est un plaisir sans nul pareil tout a l’air facile je m’alimente qu’avec des fruits et
tout passe bien.
10e kms déjà Dany est installé sur les hauteurs du lac avec le camping car pour mieux me voir, à la jumelle. Je me dis que les personnes doivent bien avoir du mal à nous voir car nous sommes à 7 ou 8 kms des côtes.
Les relais s’enchaînent et nous accueillons de nouveaux invités sur la traversée ma maman Anne ma kiné et Anne la femme d’Eric mon saint Bernard ainsi que leur fille (c’est un truc de fous nous avons tous le même nom), venus à nous avec André Pieron qui restera un long moment en notre compagnie.
Le clocher d’Yvoire commence à scintiller c’est signe que nous sommes proches du 20e kms.
Dany maître logistique au second plan au premier Phillip représantant l'AFG
Dany qui suit toujours avec le bateau me passe lors d’une pause Mr Kung restaurateur d’Yvoire et grand passionné du lac il suffit de lire son livre Sirrocco pour s’en rendre compte. Il s’inquiète
de savoir où nous en sommes et comment cela se passe il faut dire que ce Monsieur sait de quoi il parle lorsqu’il s’agit de traversée.
Son papa en 1955 avait réussi l’exploit de traverser le lac entre Ouchy et Yvoire en partie de nuit ce qui pour l’époque fut considéré comme un grand exploit sportif à juste titre.
Quelques instants de conversation et me voilà reparti je commence à avoir une petite douleur dans le coude droit rien d’alarmant mais je vais modifier mes appuis pour l’économiser. Les relais s’enchaînent je passe devant Yvoire à ce moment là il me reste 5 kms pour finir l’étape et 21 kms pour finir la traversée. Nous commençons à discerner le jet d’eau de Genève au loin.
J’ai gardé pendant toute cette étape un rythme de nage régulier et mon corps répond de façon tout à fait correcte, mon coude me tire toujours un petit peu mais rien d’alarmant.
L’ambiance sur les bateaux est au beau fixe et la fait de réaliser cette traversée en plein week-end a permis à chacun d’être présent et de bronzer par la même occasion car l’indice UV crève les plafonds.
Je continue mes relais et les personnes qui me voient nager durant si longtemps me disent :
Mais à quoi tu penses ?
Et je leur réponds :
A rien
En fait ce n’est pas tout à fait ça. Au contraire je pense beaucoup. Tout d’abord je me concentre sur ce que je fais c’est ce qui expliquera que je ne savourerai vraiment l’arrivée qu’à 15 m de celle ci avant cette limite je resterai concentré.
Ensuite j’écoute mon corps, nous nous connaissons bien et je le respecte mais de temps en temps je le pousse au-delà de ses limites comme hier et il faut savoir-faire accepter cela aux muscles et à l’esprit. La méditation m’a beaucoup aidé pour ce dépassement tout en restant relâché.
Et puis je scanne en continu toutes les parties de mon corps et je les relâche par la respiration.
Mon esprit est donc bien occupé mais rien de commun c’est très intérieur ce sont des situations que je ne vis que dans ces moments là.
MSBDE m’indique qu’il reste 2 kms le bateau solaire d’Yvoire nous rejoint avec à son bord des personnes qui viennent voir le défi sportif tout en faisant avancer le défi caritatif car Pascal le pilote de ce dernier le fait bénévolement en dehors de ses heures merci à toi Pascal.
La lumière commence à être rasante sur le lac et il est d’un calme qui me permet d’avancer à bonne allure sans souffrir STOP.
Fin de la seconde étape je suis heureux car à moins d’un coup du sort c’est gagné je le sais,c’est ce que je vais dire à MSBDE ‘Nous avons le gâteau demain ce sera la cerise’
Je reste quelques minutes dans l’eau à apprécier le cadre devant moi le jet d’eau de Genève côté montagne le Mont Blanc complètement dégagé SUBLIME un cadre comme celui là dans ces circonstances avec l’équipe c’est hors normes.
C'est ti pas beau ça?
Je remonte sur le bateau de Capt’ain Jean nous sommes tous très émus je me demande ce que sera l’arrivée.
Ma femme m’aide à enlever ma combinaison et direction le massage avec Anne. Je n’ai pas mal juste de la fatigue mais pas de douleurs, Pauline nous accompagne à la cabine.
Anne va attaquer comme la veille par les mollets et comme je suis nettement moins fatigué je vais sentir passer la douleur elle m’explique que c’est un petit muscle à côté du mollet qui sert à stabiliser le pied et patati et patata moi je ne veux qu’une chose c’est que ça s’arrête mais elle ne lâche pas le morceau et va au bout, en même temps c’est grâce à Anne que j’ai si bien nagé aujourd’hui du coup j’accepte. Pauline est collée à moi elle ne me lâchera pas c’est un sacré tempérament pour 5 ans et demi, rien ne laisse entrevoir la maladie mais si elle a un caractère et une trempe comme ça il faut ne pas chercher où elle puise cette force et je suis fier même très fier de réaliser ce défi pour faire avancer la recherche et reculer la maladie.
Le massage est fini nous montons sur le pont car nous sommes bientôt au port d’Yvoire cette commune est partenaire du projet.
Un comité d’accueil est présent Mr Fert maire de ce magnifique village en première ligne Carole responsable de l’office du tourisme qui a foncé à 200% dans ce projet que nous lui avions présenté en Mars nous ne pouvons que les remercier pour leur concours à la réussite de ce défi.
Mr Fert maire d'Yvoire en arrière plan Jean-Paul présent sur chaque étape merci
La famille les amis sont là je suis bien mieux que la veille du coup je peux discuter avec tout ce petit monde il y a aussi Guirraud Claude trésorier de l ‘association qui fera l’aller
retour Toulon Genève. Direction la salle des fêtes où nous sommes invités à dîner. C’est la fête de la musique à chaque coin de rue des groupes jouent pour le nombreux public présent.
Moi qui adore la musique j’ai un peu de mal car voici deux jours que nous sommes loin du bruit et de la foule et là c’est tout le contraire mais nous n’allons tout de même pas nous plaindre c’est tellement bon de se retrouver à table tous ensembles pour échanger sur notre journée. Je ne veux pas me coucher trop tard demain le départ est fixé à 8h30 du coup après le repas Christiane me raccompagne à leur camping car situé à l’écart du village au calme. Ils ne dormiront pas là mais retourneront à thonon pour me laisser ma reposer dans les meilleures conditions, quand je dis que tout le monde veut mon succès en se pliant en quatre.
Je me couche j’ai des images plein les yeux et je me projette déjà à demain mais Morphée passe par-là et à demain.
Dimanche 22/06
Troisième étapes ou Le bonheur est dans l’eau
Pour cette dernière journée je me réveille à 7h, j’écoute à l’extérieur pas de vent c’est une bonne nouvelle, et il fait déjà chaud seconde bonne nouvelle, pour cette dernière journée placée sous le signe du bonheur et de la réussite.
Christiane arrive pour me préparer le petit dej. ,avec la Chablinette baguette à base de blé local c’est avec plaisir que je vais déjeuner ce matin car j’ai faim.
7h30 je me dirige vers le port ,le village est désert il n’y a bien qu’à cette heure là où nous vivons cette situation, arrivé au port je retrouve nos amis les Z’Enfoirés de Sciez pêcheurs à la traîne qui nous accompagneront sur cette dernière journée. Ce sont des personnages sympathiques et dévoués qui furent les premiers à répondre lorsque nous recherchions des bateaux.
Anne est déjà là elle m’attend pour le ‘remise’ en place de mes cervicales avant de retourner à Thonon, puis de revenir à Genève pour l’arrivée, je me rappelle plus si je t’ai dit merci Anne, tu as tellement fait pour ce projet alors MERCI ENCORE ET ENCORE.
Une petite séance de méditation c’est tellement important de se concentrer avant le départ pour vivre une journée telle que celle d’hier
Ce matin nous partirons avec Nono et son hors-bord ,au point de départ qui est le point GPS de la veille.
Un ravitaillement à côté du
hors-bord de Nono le personnage à la casquette au milieu des femmes
Nous avançons à 50 km/h sur une ’mer d’huile’ le soleil donne déjà et l’indice UV va battre les records d’hier.
J’enfile ma combinaison et plouf, ce sera le dernier de ce défi il est 8h30 comme prévu et l’arrivée doit avoir lieu à 14h30.Ce petit voyage à trois Nono MSBDE et moi même restera comme un moment important ,car nous savons sans le dire que le projet est réussi et que dans quelques heures ce sera fini, je crois que durant ces 20 min de navigation chacun a refait le film du défi déjà écoulé.
Je commence à nager, car avant de crier victoire il faut que je finisse avec 16.5 kms au programme. Au bout de 30 minutes le jet d’eau de Genève s’allume il est 9h et au-dessus je commence à bien distinguer le ballon de foot qui symbolise l’Euro 2008 (ce truc ou nous Français sommes passés discrètement). Au loin je vois une pointe, Nono m’indique que c’est celle de Corsier qui indiquerait donc l’entrée dans la rade de Genève en tout cas sur les Quais.J’ai de très bonnes sensations dans l’eau, en même temps ça sent l’arrivée et je commence à faire le résumé de ces longs mois d’entraînement en piscine de ces longues heures à valoriser le Défi avec mon SBDE lors des différents points de rencontre ,car quand je fais les comptes depuis le 15/03 j’ai nagé 420 kms en entraînement ce qui fait 150 heures et je peux tripler ce temps lorsque je cumule les heures de ’représentation’, mais tout cela est récompensé aujourd’hui récompensée aussi l’AFG qui a cru en ce projet, récompensé nos épouses respectives qui furent nos plus grandes supportrices ,du coup je suis sur un nuage.
Le coude, le dos, les mollets ,plus rien ne me fait mal, je n’avance pas plus vite que les autres jours mais j’ai l’impression de voler de totalement maîtriser mon corps.
Les relais s’enchaînent mes parents sont présents alors que mon papa a soi disant le mal de mer, et bien il n’a pas le mal du lac.Aux ravitaillements je continue à douter sur la pointe est-ce bien celle de Corsier et pas celle d’Hermance Nono me sort la carte lors d’un arrêt et me montre le détail quelque part ça me soulage.
Nono me dira après l’arrivée ,que chaque jour j’avais une fixation, le premier jour ce fut la pointe de Meillerie qui me semblait t’il avançait en même temps que moi tellement elle fut longue à dépasser. Le second jour j’avais remarqué des nuages sur le Jura et j’avais peur des orages qui auraient écourtés l’étape. Le troisième jours ce sera cette pointe de Corsier. Je pense que le fait d’avoir préparé ce défi pendant des mois voir des années d’avoir tout prévu dans ses moindres détails, fait que je suis prêt mais il reste le ‘non contrôlable’ et cela ressort sous forme d’idées fixes.
Les bateaux se font de plus en plus nombreux sur le plan d’eau ,ce qui génère des vagues rendant la natation inconfortable. Je vois les avions passés juste au-dessus de nous pour atterrir à Genève c’est un cadre assez atypique. Certains bateaux viennent à notre rencontre prendre connaissance du projet d’autres regardent la caravane passer sans aboyer.Les encouragements des anonymes et de l’équipe se font entendre à chaque pose le Capt’ain Jean a hissé les couleurs, sont bateau est superbe il a pour rôle d’ouvrir la route et il le fait avec conviction ce breton et son mousse Bernard furent nos ouvreurs sur ces trois jours sauf lorsqu’il était en carafe (cf. 2nde étape)
Les Z’Enfoirés de Sciez ,me serrent de prêt pour me protéger je me sens en totale sécurité.
Vue du ciel
Je me ravitaille en gardant les mêmes aliments tout passe bien et je bois surtout, sur la totalité du Défi j’aurai bu 30 litres plus les tasses non comptabilisées. En nageant je vois le sourire
de MSBDE ,pour lui aussi ce fût un exploit pagayer et garder le cap tout en me ravitaillant ce fut nerveusement éprouvant mais à chaque pause il est inutile de se dire ce que nous ressentons
,c’est au-delà des mots un regard et nous savons. Je commence à apercevoir la piscine de Genève le jet d’eau est là le ballon suspendu est très visible, c’est vraiment l’arrivée le Joran vent du
sud ouest commence à se lever doucement et fort ce qui génère des vagues défavorables.
Ce vent est le pire pour nager sur le lac, le départ ne pouvait se faire que si son absence était garantie sur les trois jours, et là nous avons eu exactement les conditions idéales il semble que Eole nous fasse passer le message suivant ; :
‘Les gars j’ai été indulgent en vous permettant de boucler ce défi mais sachez que je reste maître de la situation’.
Je le prendrai comme ça, la piscine se rapproche et le vent forcit pendant le ravitaillement je dérive du coup je dis à MSBDE c’est sans stop jusqu’à l’arrivée et c’est parti.
J’ai les bras qui me propulsent vers l’arrivée mes jambes se sont des petits moteurs douleur 0 plaisir 100.
Une régate se déroule pile sur notre route ,elle sera stoppée pour nous laisser le passage je commence à sentir l’arrivée ma gorge se noue j’ai réussi pour moi ça c’est le côté sportif intérieur donc égoïste, mais j’ai surtout réussi pour l’AFG et ça il faut vivre de la préparation à la victoire pour ressentir cette émotion c’est ENORME.
MSBDE lève sa pagaie je me dis que l’on doit être proche j’entends les klaxons et je vois les gens sur les radeaux de la piscine, alors là je lâche toute la pression et je craque c’est fini c’est gagné MSBDE se jette à l’eau nous passerons de longues secondes dans les bras l’un de l’autre juste nous deux ce sont des moments exceptionnels. Et puis la foule est là des centaines de personnes sur les digues qui applaudissent c’est fou fou fou je sors lentement de l’eau me femme me rejoint elle est en ‘larmes de plaisir’, je n’avais plus posé pied sur le fond du lac depuis le départ toute l’équipe est là et je ne me souviens pas avoir vu une seule d’entre elle les yeux secs. En sortant de l’eau un petit garçon me tend un bouquet de fleurs au nom de tous les enfants atteints par la maladie, ce moment restera pour moi le symbole de la réussite du défi et à ce moment là l’émotion est à son comble.
Une partie de l'équipe à l'arrivée
Et puis ce sera des embrassades à tout va les parents les amis les anonymes je ne cesse de dire merci je suis sur le petit nuage de la fin d’une BELLE AVENTURE et ce petit nuage restera dans ma
tête bien longtemps mais chaque acteur de ce défi gardera les images dans sa tête longtemps aussi.
Nous restons ensemble au bord du lac personne n’a vraiment envie de partir, tout le monde refait sa traversée exprime ses émotions, la journée se finira à quelques-uns uns chez Nono avec une grillade party bien agréable durant laquelle nous arroserons la victoire cela fait bien longtemps que je n’avais plus bu d’alcool et oui ça fait parti aussi de la préparation.
Voilà ce défi prend fin je remercie encore tous les acteurs ayant agit avant et pendant ce défi un merci tout particulier à l’équipe d’organisation de la foire de Sciez et à l’office du tourisme de Sciez. Je vous donne rendez-vous en 2010 pour un nouveau défi.
Amitiés sportives
PLANCHAMP Eric